Le Sénégal est un pays de paradoxes. C’est un pays à 95% musulman mais où certaines attitudes stériles détonnent carrément d’avec tous ces évènements religieux qui veulent se lire comme une ferveur dans la foi. Qu’est-ce que nous voulons à la fin ?
Il a fallu neuf talibés calcinés pour enfin relancer le débat sur la mendicité des enfants. Combien en faut-il encore pour qu’elle soit carrément bannie ? Nous les côtoyons chaque jour partout, ces enfants en haillons, sales et parfois couverts de plaies. Mais ils nous laissent indifférents tant qu’ils ne sont pas nos propres enfants. A force de les voir à longueur d’années, de décennies, le spectacle est devenu banal.
Non, Monsieur le Président, les mesures coercitives ne règlent rien. On ne peut pas passer son temps à châtier son peuple. Alors, vos discours n’apaisent personne. L’attitude de certains parents vis-à-vis de leurs enfants est certes condamnable mais, si certains d’entre eux envoient leurs enfants chez le maitre coranique pour des besoins nobles, la majorité (ne nous voilons pas la face) le font pris qu’ils sont dans l’engrenage de la pauvreté.
Tout montre que les sénégalais ont besoin de ces daaras. Même les enfants qui vont à l’école française y vont le soir, le samedi ou dimanche. Il faut alors obliger l’Etat non pas à appuyer les daaras, mais à construire un grand centre coranique régime internat dans chaque département et une école (semi internat ou pas) dans chaque ville et à les prendre entièrement en charge. Un pays à 95% musulman mérite bien cela !
Les parents qui désirent une éducation islamique confrérique pourront choisir le foyer religieux de leur choix où la mendicité n’existe pas. Cette mesure aura l’avantage de couper l’herbe aux pieds des « serigne daara » véreux et de recruter les vertueux dans ces centres et écoles. Et seulement décision pourra être prise d’interdire la mendicité sur toute l’étendue du territoire national.
Mais tant qu’on continuera à traiter d’intégristes ceux qui ont une autre lecture de la laïcité, tant que des intellectuels malhonnêtes continueront à vouloir mettre au même pied les 95% de musulmans et le reste, tant que certains musiciens que l’on cite en exemple continueront à organiser des soirées qui drainent des milliers de jeunes lors des grandes fêtes religieux comme la Tabaski ou la Korité, nous ne serons que des tonneaux vides à la merci d’hommes politiques spirituellement morts.
Baidy DIA